Leçon d’histoire : catholique et résistant

Afficher l’image sourceL’histoire officielle nous a fait oublier le rôle des catholiques dans la Résistance pendant la 2e guerre mondiale. Cet article vient leur rendre justice. La preuve du rôle massif des catholiques dans la Résistance est donnée par les urnes. En effet en 1945 et 1946 les français ont voté massivement pour les partis issus de la Résistance. Ainsi le parti communiste et le parti socialiste ont été très bien représentés à l’assemblée mais à égalité avec le MRP, alors premier parti de France et le seul grand parti démocrate-chrétien de l’histoire de France. Il est présidé par Maurice Schuman, résistant dès juin 1940 et catholique. On connaît aussi deux prêtres résistants qui furent députés à cette époque : l’abbé Pierre et le chanoine Kir. Le chanoine Kir est arrêté par les allemands dès octobre 1940. Il fut député jusqu’en 1967 et portait sa soutane à l’assemblée nationale. Il a présidé la première séance de la Ve République en soutane. L’abbé Pierre est bien connu. Ses faits de Résistance le mènent en politique, il est député jusqu’en 1951 avec l’autorisation de son évêque, avant de reprendre une vie de prêtre engagé vers les plus pauvres. Mais il faut aussi parler du P.Albert Gau. Jeune prêtre, il sauve des milliers de juifs, au péril de sa propre vie. Albert Gau devient député de l’Aude sous l’étiquette MRP. Il siège au Palais Bourbon de 1945 à 1956. Militant pacifiste et anticolonialiste, il lutte contre le racisme et l’antisémitisme durant toute sa carrière journalistique, à la tête de rédaction audoise de La Croix du Midi. J’oublie bien des noms que je vous invite à ajouter : Edmond Michelet, Georges Bidault, André Colin, Jean Lecanuet. Le général de Gaule est lui aussi un catholique pratiquant.

Cet évènement unique dans l’histoire de France – la présence de nombreux catholiques au pouvoir du fait de leur légitimité pour faits de Résistance- s’est également produit en Allemagne, Belgique et Italie où les députés démocrates-chrétiens ont été majoritairement élus. Il s’est alors réalisé un miracle unique dans l’histoire : la réconciliation de ces pays qui s’étaient entre-tués dans la guerre. Cette réconciliation a un symbole : le drapeau européen représentant les 12 étoiles de la Vierge sur fond bleu (couleur de la Vierge). Ce drapeau est venu de l’inspiration d’Adenauer et Schumann priant dans la cathédrale de Strasbourg.

Photo : chanoine Kir, résistant puis député-maire de Dijon