Leçon d’histoire : les guerres de religions

Les ennemis de la foi accusent souvent les religions d’être responsables de guerre et de fanatisme. C’est pour eux l’argument principal pour rejeter la religion. Mais l’histoire contredit largement cette idée.

D’abord les guerres les plus meurtrières de l’histoire ne sont pas du tout le fait de la la religion. La première et la deuxième guerre mondiale ont fait plus de morts et d’atrocités que toutes les guerres de toute l’histoire de l’humanité avant elles. Or elles sont le fait du nationalisme et du nazisme. Les gouvernements des États qui ont lancé ces guerres étaient non seulement pas religieux mais anti-religieux. Il en est de même des guerres de la Révolution française et de l’Empire qui ont été plus meurtrières que toutes les guerres des siècles précédents. Ensuite le fanatisme qui a provoqué le plus de mort et d’horreur est le fanatisme communiste. Une idéologie clairement anti-religieuse. Les victimes en Russie et en Chine du communisme sont près de 80 millions. C’est plus, beaucoup plus que tous les fanatismes religieux de toute l’histoire de l’humanité.

Ensuite beaucoup de guerres dites « de religion » sont surtout des prétextes politiques. Des hommes assoiffés de pouvoir dissimulent leur ambitions derrière des motifs religieux. Nous avons l’exemple célèbre de la Saint Barthélemy en France. Le chef politique du camp Huguenot, l’amiral Coligny, avaient acquis une grande influence sur le roi Charles IX. Catherine de Médicis, la mère de Charles IX, voyait son influence et son pouvoir disparaître. Cette femme assoiffée de pouvoir utilisera tout son ascendant pour convaincre le roi que l’amiral de Coligny est un traître. Elle s’allie au pire ennemi de l’amiral, le duc de Guise, pour mettre à mort les chefs politiques du camp Huguenot. Cela se transformera en horreur… Il en est de même du conflit sunnite/chiite au Moyen Orient. C’est en fait un conflit entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. Parfois le conflit dit « religieux » vient d’une confusion entre l’identité nationale et une religion. On appartient alors à une religion non pour des motifs spirituels ou de croyance mais par identité nationale. Par exemple le bouddhisme intolérant de Thaïlande ou le catholicisme irlandais de l’IRA.

Il y a bien eu des guerres de religion dans l’histoire. Mais les vrais hommes de Dieu ont toujours été dans le camp de la paix. Pour nous l’Évangile est sans ambiguïté. La foi est une force contre les guerres, une force pour unir les hommes, une force d’harmonie. Une guerre de religion est une trahison de Dieu et du projet de Dieu. Le fanatisme religieux est souvent le fait de gens qui ont une foi fragile, une absence de lien intime avec Dieu ou une absence d’intelligence de la foi. A cause de cette fragilité,  ils se défendent par la violence et le rejet de l’autre. C’est le cas de l’islamisme qui est une peur devant la modernité. Une foi solide n’a pas peur de l’autre, elle accueille tout être humain comme un enfant aimé de Dieu.

« Le bavardage de l’époque se résume-t-il parfois de la sorte : s’il y a moins de croyances et moins de valeurs, il y aura moins de violences; s’il y a moins de convictions, il y aura moins d’afflictions. Le relativisme, le désenchantement, l’indifférence seraient devenus le gage d’un monde pacifié. Il nous faut comprendre la profonde, l’incommensurable sottise de ce lieu commun. La violence, au contraire, est le produit des désirs sans frein, de l’avidité sans limites, de la manipulations sans règles, c’est-à-dire d’un affaiblissement des croyances partagées » Jean-Claude Guillebaud Le Principe d’Humanité Seuil p380