Le silence avant et pendant la messe

Le choix de la paroisse de respecter le silence avant la messe, (mais aussi avant la collecte, après l’homélie, après la communion) n’est pas une invention locale mais ce qui est demandé par les textes qui régissent la messe. Le pape François a enseigné plusieurs fois sur ce sujet. Voici le compte-rendu d’une de ses catéchèses.

La messe n’est pas « un spectacle » mais « une prière », « la prière par excellence », qui exige « le silence » pour se préparer à entrer dans une « relation personnelle d’amour avec le Seigneur », a exhorté le pape François en poursuivant son nouveau cycle de catéchèses sur l’Eucharistie. « Ce n’est pas parce qu’on arrive en avance que l’on doit se mettre à bavarder avec la personne à côté de nous », a-t-il ajouté devant les quelques 12 000 pèlerins présents à l’audience générale de ce mercredi, « ce n’est vraiment pas le moment ! ».

L’Eucharistie est « le moment privilégié pour demeurer avec Jésus et, à travers lui, avec Dieu et avec nos frères », un grand événement, a rappelé le Saint-Père, où il ne s’agit pas de prier « comme des perroquets », mais d’échanger avec Dieu de manière humble et confiante, comme Jésus enseigna à ses disciples qui lui demandaient de leur apprendre à prier. Être comme des enfants à l’égard de leurs parents, des croyants qui savent que « Dieu se souvient de toi, prend soin de toi, de toi, de moi, de tous ».

Prendre conscience que la messe n’est ni « un spectacle », ni « un musée » — « c’est indispensable ! », a insisté le Pape — mais une « rencontre vivante avec le Seigneur », qui a besoin d’intériorité, où le silence est de rigueur si nous voulons que la Parole de Dieu jaillisse de « Son mystérieux silence » et « résonne dans nos cœurs ». Et à cette première attitude s’ajoute une autre, a poursuivi François, l’émerveillement, « se laisser surprendre », autre attitude propre aux enfants, habitués à toujours « poser mille questions parce qu’ils veulent découvrir le monde » et à « s’émerveiller devant la moindre petite chose parce que tout est nouveau pour eux ». Cette double attitude, a-til ajouté, est indispensable chez un croyant pour « entrer en relation » avec ce « Dieu des surprises ».
Et le souverain pontife de renvoyer alors le croyant à un petit examen de conscience fondamental pour sonder sa foi : « Avons-nous ce désir de nous laisser surprendre ? Chacun de nous, en vrai croyant, a-t-il le désir de renaître pour rencontrer le Seigneur ? ». Si ce désir fait défaut, a-t-il assuré — à cause de « tant d’activités, de tant de projets à mettre en œuvre, qui font perdre de vue l’essentiel : notre vie de cœur, notre vie spirituelle, notre rencontre avec le Seigneur dans la prière » — ne pas avoir peur de recommencer car, dans l’Eucharistie, « le Seigneur vient à la rencontre de notre fragilité pour nous ramener à notre premier appel, celui d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est cela l’Eucharistie, c’est cela la prière ».

Catéchèse du pape François  lors d’une audience du mercredi

De l’importance du silence dans la liturgie, par le card. Sarah