Lettre pastorale 2020-2030

Lettre pastorale 2020-2030

 

Frères et sœurs,

Les évènements que nous avons vécus sont l’occasion d’un nouveau départ pour ne pas vivre comme avant. Je me sens pousser à indiquer une direction, un but  de long terme pour la paroisse. Avoir un but permet de marcher et de ne pas faire du sur place. Cela permet de ne pas se laisser emporter comme une girouette au gré des modes et des évènements. Avoir un but permet d’avancer ensemble dans une même direction. Et c’est la mission du curé de fixer cette direction, comme pasteur de la communion que nous formons à partir de ce que j’ai perçu de la communauté. Cela fait bientôt trois ans que je suis avec vous, servant le Seigneur au milieu de vous. Le temps est mûr pour fixer notre intention principale pour les dix ans qui viennent. Pourquoi si loin ? Car un but surnaturel nécessite d’être très patient pour reprendre l’expression du renard dans le petit Prince.

Notre but : Aimer Dieu de tout notre cœur.

Vous allez dire que ce n’est pas très original et que le Seigneur Jésus a déjà depuis longtemps donné ce but premier à ses disciples. C’est d’ailleurs l’intention et le but de toute la vie du Christ. Mais je ne suis pas là pour inventer un but à la mode mais redire ce que le Christ, notre Pasteur, a fixé comme direction. Aimer Dieu de tout notre cœur est le seul moyen d’atteindre Dieu, de nous unir à Lui qui est la Vie. C’est le seul moyen de devenir pleinement vivant et de pouvoir aimer comme Il aime à notre tour. C’est le seul moyen d’atteindre le Ciel, c’est-à-dire le bonheur véritable en Dieu.

 

Ce but se traduit par trois aspects :

  • Le critère principal de nos choix et de nos activités paroissiales est : Est-ce que nous le faisons par Amour de Dieu ? Nous ne ferons plus des choses pour réussir, être connu, avoir un succès, faire du nombre mais seulement pour plaire à Dieu, Lui faire plaisir, L’aimer. Nous ne voulons pas être fier de nous mais que le Seigneur soit fier de nous.
  • La paroisse doit être avant tout une école de prière. C’est ce que Saint Jean-Paul II a fixé comme objectif à toutes les paroisses pour le troisième millénaire dans l’encyclique Novo millenio ineunte.

Oui, chers Frères et Sœurs, nos communautés chrétiennes doivent devenir d’authentiques « écoles » de prière, où la rencontre avec le Christ ne s’exprime pas seulement en demande d’aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration, contemplation, écoute, affection ardente, jusqu’à une vraie « folie » du cœur. Il s’agit donc d’une prière intense, qui toutefois ne détourne pas de l’engagement dans l’histoire: en ouvrant le cœur à l’amour de Dieu, elle l’ouvre aussi à l’amour des frères et rend capable de construire l’histoire selon le dessein de Dieu. .

On se tromperait si l’on pensait que les simples chrétiens peuvent se contenter d’une prière superficielle, qui serait incapable de remplir leur vie. Face notamment aux nombreuses épreuves que le monde d’aujourd’hui impose à la foi, ils seraient non seulement des chrétiens médiocres, mais des « chrétiens en danger ».

Il faut alors que l’éducation à la prière devienne en quelque sorte un point déterminant de tout programme pastoral.

Saint Jean-Paul II

La prière consiste à apprivoiser Dieu ou plutôt à le laisser nous apprivoiser pour reprendre l’expression du dialogue du renard et du petit Prince. Une prière qui permet avec beaucoup de patience de créer un lien d’amitié avec le Seigneur.

 On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

 

– Que faut-il faire ? dit le petit prince.

 

– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près… »

 

  • La paroisse doit être le ressourcement pour aimer d’un amour inconditionnel nos proches, les pauvres, les migrants, les habitants de nos villages. Se laisser aimer d’un amour inconditionnel par Dieu nous rend capable d’aimer les autres d’un amour inconditionnel. Un amour sans calcul, sans prosélytisme, sans se croire quelqu’un de bien. Grâce au don de l’Esprit Saint nous pouvons aimer comme Jésus aime et ainsi nous unir à Lui et retrouver cette dignité de faire vivre et exister quelqu’un, notre famille, notre communion par cet Amour inconditionnel, à notre humble mesure.

 

Que ce but surnaturel que je fixe pour la paroisse pour les années qui viennent nous donne d’être uni dans un même élan d’amour pour Dieu et nous détourne des tentations de se fixer un but trop terrestre et bien loin de l’Evangile.

 

 

Le curé des trois pierres